Si l’on en juge par ses projets d’extension, force est de constater que, pour Audemars Piguet, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Avec son siège au Brassus, au cœur de la vallée de Joux, la Maison a entamé depuis une dizaine d’années une campagne de construction qui se chiffre en centaines de millions. Tout a commencé, pourrait-on dire, avec le musée Atelier, un projet démarré en 2012, avec la pose de la première pierre en 2017 et une ouverture au public trois ans plus tard.
Ce fut ensuite au tour de l’Hôtel des Horlogers de prendre forme, autre réalisation d’envergure jouxtant le siège de l’entreprise pour former un site d’accueil privilégié pour tout client en mal de dépaysement. Inutile de dire qu’Audemars Piguet y a mis les formes avec ces bâtiments qui témoignent de « l’engagement de la marque en faveur d’une architecture inventive et respectueuse de son environnement ». Mais la Maison ne s’est pas arrêtée en si bon chemin. Après les infrastructures d’accueil, essentielles à l’expérience client dont tout le monde se réclame aujourd’hui, c’était au tour de l’outil de production d’Audemars Piguet de connaître à son tour un programme de nouvelles constructions. Tout aussi ambitieux.
La Manufacture des Saignoles vient ainsi d’être inaugurée au Locle pour abriter les ateliers de ce qui était anciennement unité spécialisée dans les mécanismes de montres compliquées forte de 190 collaborateurs. Démarrés en 2018, les travaux ont pris fin au printemps 2021, donnant naissance à une structure de 10 400 m2 sur un seul étage réparti en demi-niveaux qui s’adaptent à la topographie et aux flux industriels. « Le nouveau bâtiment est parfaitement intégré au relief de la vallée et s’inspire du paysage avoisinant composé de prairies, de tourbières et de forêts, précise Audemars Piguet. Conçu par les architectes suisses de Kuník de Morsier, le bâtiment combine confort et bien-être des employés, en faisant la part belle à la lumière naturelle et aux nouvelles technologies. » Pour cette « architecture de lumière », la Maison a fait appel également aux compétences de Marilyne Andersen, professeure en technologies durables de la construction de l’École polytechnique fédérale de Lausanne.
Cette nouvelle manufacture ne représente toutefois qu’une partie des travaux d’agrandissement industriels d’Audemars Piguet. Au Brassus, la construction de l’Arc a débuté au printemps dernier, un projet dû à De Giuli & Portier Architectes, qui vient de vivre la cérémonie de pose de la première pierre. Réparti sur trois étages avec sous-sol technique, ce nouveau bâtiment de 17 000 m2 sera relié à l’actuelle Manufacture des Forges, permettant, à l’horizon 2025, de réunir sous un même toit tous les sites industriels de la Maison à la vallée de Joux. « Tournés vers l’avenir et ancrés dans la démarche de développement durable d’Audemars Piguet, les deux nouveaux bâtiments respectent les critères de certification Minergie, et Minergie ECO® pour l’Arc, en termes d’impact environnemental et d’architecture interne modulable », précise la Maison.
Pour ce qui est des aspects écologiques, le bâtiment de Saignoles n’utilise aucune énergie fossile pour la partie chauffage, assurée par deux chaudières à pellet et une pompe à chaleur. Il inclut également un système de régulation de température et dispose de 300 panneaux photovoltaïques sur le toit pour une production énergétique de 80 kW. Au Brassus, tout a été pensé pour réduire l’empreinte carbone de l’Arc. Le bâtiment, qui sera raccordé à la centrale de chauffage à bois située à proximité, dispose également de panneaux solaires. « Grâce à un plan partiel d’affectation des sols mûrement réfléchi, le projet s’est développé autour de l’axe écologique, poursuit Audemars Piguet. Ainsi, un toit végétalisé permettra de recréer un biotope idéal pour les insectes et les oiseaux tout en offrant, depuis le col du Marchairuz, un panorama en harmonie avec les prairies de la vallée de Joux. » En outre, l’usage de matériaux renouvelables a été favorisé au maximum pour permettre au projet d’obtenir le label Minergie ECO®, qui inclut des aspects liés à la santé et à l’écologie de la construction. En un mot, Audemars Piguet investit dans l’avenir, qui, semble-t-il, s’annonce radieux…