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Les océans, le maillon fort ?
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Les océans, le maillon fort ?

jeudi, 3 novembre 2022
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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12 min de lecture

Ils constituent 70 % de la surface de la planète, assurent le bien-être de ses habitants et leur prospérité mais sont considérés comme une poubelle, au mieux un garde-manger. Comme la sauvegarde des océans est devenue un enjeu vital, les « sommets bleus » se multiplient…

Les océans, la « force tranquille » de la planète, celle sur qui on pensait pouvoir compter ad infinitum, en est devenu le grand malade à force d’être négligé ad nauseam. Maillons indispensables de la vie sur terre, avec une occupation de 70 % de sa surface, les océans remplissent un rôle inestimable avec ses millions d’espèces vivantes, principales ressources alimentaires pour la moitié de ses habitants. On estime en effet qu’au niveau mondial 15 à 20 % des apports en protéines proviennent des poissons et autres crustacés. À cette biodiversité marine vient encore s’ajouter le rôle essentiel des écosystèmes océaniques aux équilibres naturels, étant donné que les océans produisent 60 % de l’oxygène de l’atmosphère et absorbent la majorité du CO₂ produit par l’homme. Avec un tel bilan, on aurait pu croire qu’il fallait prêter la plus grande attention à cet or bleu afin d’en préserver l’intégrité. Il n’en est rien. À coups de surpêche, de pollution et d’émissions de gaz à effet de serre, l’Homo sapiens est en train d’avoir raison de la santé des océans, véritable cataclysme écologique.

Cela commence évidemment par le réchauffement climatique, qui a un impact significatif sur la température des océans et leur acidification, dans la mesure où l’absorption de quantités de plus en plus importantes de CO₂ fait baisser leur pH. Or qui dit « acidification » dit également « altération des organismes », notamment les phytoplanctons, qui produisent la majeure partie de l’oxygène respiré sur terre. Cela continue par la pollution chimique, notamment aux métaux lourds, qui prend la forme de marées noires, de déversements des eaux usées, de dégazage sauvage, de rejets chimiques… Sans oublier la pollution plastique, qui a formé rien de moins qu’un nouveau continent, le 7e, soit un vortex de plastique qui couvre une superficie équivalente à trois fois la France entre Hawaï et la Californie. Et on termine avec la surexploitation massive des océans, utilisés comme voies de transport pour 90 % des marchandises au niveau mondial, et littéralement vidés de certaines espèces en raison des pêches intensives.

Autant dire que le constat est amer. Au moins a-t-il le mérite d’être fait avec une prise de conscience à la clé et un début de mobilisation en vue de préserver ce qui peut encore l’être et laisser aux océans une chance de se régénérer. Si l’on en juge par les grands rendez-vous au chevet des océans, on constate une saine accélération de ces sommets, rencontres et autres coalitions. Si les résultats sont encore musique d’avenir, au moins commence-t-on à en écrire la partition.

Décembre 1960 – Commission océanographique intergouvernementale de l’Unesco
L’Unesco crée la Commission océanographique intergouvernementale (COI), réunissant 150 États dans le but d’aider les gouvernements à coordonner les programmes de recherche scientifique marine afin d’améliorer la gestion des océans, des côtes et des ressources marines.

Octobre 2010 – Convention sur la diversité biologique, Aichi (Japon)
Les objectifs d’Aichi, au nombre de 20, constituent le nouveau « Plan stratégique pour la diversité biologique 2011-2020 » pour la planète, adopté lors de cette Convention. Les parties s’entendent notamment pour réduire de moitié le taux de perte d’habitats naturels, pour sauvegarder la biodiversité sur 17 % des zones terrestres et 10 % des zones marines, et restaurer 15 % des zones dégradées.

Juin 2014 – Plateforme Océan & Climat, Paris
À l’occasion de la Journée mondiale de l’océan, célébrée chaque année le 8 juin, une vingtaine d’organisations de la société civile et de la recherche annoncent, au siège de l’Unesco, à Paris, le lancement de la Plateforme Océan & Climat 2015. Il s’agit d’une alliance ayant pour but de placer l’océan au cœur des discussions internationales relatives au climat.

Décembre 2015 – COP21, Paris
L’accord climatique approuvé à Paris marque un moment historique pour la planète : il jette les bases d’une transition progressive vers une économie verte et non carbonée. Pour les océans, la donne a définitivement changé. Apparue dans le préambule du texte final, la mention « il importe de veiller à l’intégrité de tous les écosystèmes, y compris les océans » est le signe d’une prise de conscience mondiale quant à l’importance des liens entre océan et climat.

Juin 2017 – Première Conférence mondiale sur l’océan, ONU, New York
L’ONU accueille sa première Conférence mondiale sur l’océan, dont le but est de développer l’Objectif de développement durable (ODD) 14 pour l’océan. Pays et organisations se réunissent pour faire le point sur les initiatives en faveur des océans, source de plus de 50 % de l’oxygène produit sur terre.

Septembre 2019 – Rapport du GIEC sur les océans
Publication du « Rapport spécial du GIEC sur l’océan et la cryosphère dans le contexte du changement climatique ». Ses conclusions : en réduisant fortement les émissions de gaz à effet de serre, en protégeant et restaurant les écosystèmes marins et en gérant l’utilisation des ressources marines, il serait possible de préserver l’océan et la cryosphère, sources de solutions pour s’adapter aux changements futurs.

Février 2021 – Décennie de l’ONU pour les sciences océaniques
L’Unesco lance officiellement la Décennie des Nations unies pour les sciences océaniques au service du développement durable (2021-2030), considérée comme « la décennie la plus critique de notre vie ». L’Unesco met au service des nations une base scientifique commune en matière de connaissances océanographiques pour favoriser le Programme de développement durable à l’horizon 2030. Plus de 361 actions de la Décennie sont officiellement approuvées.

Février 2022 – One Ocean Summit (Brest)
Une quarantaine de chefs d’État et de gouvernement participent à cet événement en faveur des océans, où quatre thèmes principaux sont abordés : la protection des écosystèmes marins, la lutte contre les pollutions et le changement climatique, et la gouvernance de l’océan. Des engagements sont pris en faveur de la décarbonation des activités maritimes, en faveur également des aires de protection océanique et d’un durcissement des règles contre la pollution plastique et la pêche illégale.

Mars 2022 – Conférence intergouvernementale sur la biodiversité marine (New York)
Les négociations internationales pour la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine dans les zones situées au-delà de la juridiction nationale se poursuivent en 2022 avec une 4e et une 5e sessions à New York en vue d’un accord. Les négociations portent sur les enjeux liés aux ressources génétiques marines et aux aires marines protégées, aux études d’impact environnemental des activités en haute mer et au transfert des technologies vers les pays en développement.

Avril 2022 – Our Ocean Conference, Palau (Micronésie)
La 7e édition de ce rendez-vous international dédié à la protection de l’océan rassemble des acteurs étatiques et non étatiques, autour des six domaines d’action : changement climatique, pêche durable, économie bleue durable, aires marines protégées, sécurité maritime et pollutions marines. La recherche de solutions s’oriente vers la gestion des ressources marines, la résilience de l’océan face aux effets du changement climatique. Objectif : atteindre 30 % d’aires maritimes protégées.

Mai 2022 – Blue Climate Summit, Papeete (Polynésie)
Plus de 200 scientifiques, chercheurs, décideurs, financiers, écologistes et représentants du monde des affaires, des gouvernements et de la jeunesse se réunissent en Polynésie française pour stimuler et encourager les collaborations en matière de protection de l’océan, de sauvegarde de la planète et de réchauffement climatique.

Juin 2022 – Sommet « Stockholm+50 », Suède
Pour le 50e anniversaire du premier rendez-vous mondial dédié à l’environnement dans la capitale suédoise, les Nations unies organisent le Sommet « Stockholm+50 ». L’occasion de dresser le bilan d’un demi-siècle des actions multilatérales prises depuis la création du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Ce sommet vise à mettre en œuvre des solutions ambitieuses pour atteindre les Objectifs de développement durable.

Juin 2022 – Journée mondiale des océans
La Journée mondiale des océans rappelle à chacun que les océans jouent un rôle primordial comme poumon de la planète, source de nourriture comme de médicaments et constituant essentiel de la biosphère. Cette journée de sensibilisation a pour thème : « Revitaliser les océans par l’action collective ».

Juin 2022 – Conférence ministérielle de l’OMC, Genève
Un accord de dernière minute intervient sur l’interdiction des subventions pouvant encourager les prélèvements de pêche illégaux. Lancées il y a plus de 20 ans dans le cadre des ODD de l’ONU, les négociations ont abouti à une aide aux pays en développement via un fonds d’assistance technique pour la reconversion des pêcheurs vers une pêche plus durable.

Juin 2022 – Coalition pour la protection des océans, Los Angeles
Neuf pays du continent américain riverains du Pacifique forment une « coalition pour la protection des océans » comprenant le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, l’Équateur, les États-Unis, le Mexique, le Panamá et le Pérou. Cet accord, qui prévoit la création de zones marines protégées et légalement reconnues du Canada au Chili, a pour but de protéger les espèces marines, d’accroître les opportunités touristiques et de promouvoir le développement durable des communautés côtières.

Juin-juillet 2022 – 2e Conférence des Nations unies sur les océans, Lisbonne
Cette Conférence répond aux appels pressants visant à préserver les océans, ressource vitale négligée. Pollution plastique, destruction des barrières de corail, pêche intensive, conséquences des changements climatiques, piraterie : l’« urgence océanique » est d’autant plus aigüe que l’ODD 14 sur la conservation et l’exploitation durable des océans est le moins financé de tous les objectifs de l’ONU.

Novembre – COP27 sur le climat (Charm el-Cheikh)
Alors que la décision finale de la COP26 a renforcé la reconnaissance et l’institutionnalisation de l’océan dans les négociations climatiques internationales, il est important que les efforts convergent pour traduire ces avancées en actions concrètes. En tant que puits de carbone, les écosystèmes marins et côtiers ont un rôle à jouer essentiel dans l’atténuation et l’adaptation au changement climatique. Mais leur potentiel reste sous-exploité. L’occasion pour les États membres d’annoncer des solutions concrètes dans leur stratégie nationale.

Décembre – COP15 sur la biodiversité, Montréal
Organisée en deux temps, sur 2021 et 2022, la 15e COP de la Convention sur la diversité biologique doit faire le bilan du plan stratégique pour la biodiversité 2011-2020, dont les 20 objectifs d’Aichi n’ont globalement pas été atteints. Elle doit également s’accorder sur le cadre mondial de la biodiversité pour l’« après-2020 », qui inclut notamment l’objectif de conserver au moins 30 % des zones terrestres et maritimes, de restaurer 20 % des écosystèmes marins, d’eau douce et terrestres d’ici 2030, de développer une finance durable et de renforcer les synergies entre les conventions internationales. L’ambition de cet accord est notamment d’adopter une motion pour préserver 80 % de la forêt amazonienne et de soutenir des pratiques agricoles moins néfastes pour le vivant.

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